Comment travaille… Véronique Olmi ?

Si Véronique Olmi a fait ses premiers pas d’auteur côté théâtre, elle a écrit de nombreux romans depuis 2001, dont le dernier est « Bakhita », qui paraît en ce mois d’août chez Albin Michel. Un roman inspiré de la réalité qui, de ses propres dires, l’a happé durant deux ans et lui a fait mettre en pause tous ses autres projets…

Mais avant, elle a écrit une bonne dizaine de romans, de « Bord de mer » en 2001 chez Actes Sud, à « J’aimais mieux quand c’était toi » en 2015 chez Albin Michel, en passant par « La Pluie ne change rien au désir » (Grasset, 2005), « La Promenade des Russes » (Grasset, 2008), ou « Nous étions fait pour être heureux » (Albin Michel, 2012). Et d’autres romans encore, plus des pièces de théâtre… autant dire que cette Niçoise d’origine aime les mots !

Il est temps à présent de découvrir ses réponses.

Véronique Olmi

Véronique Olmi (Photo © Astrid di Crollalanza)

  • INSPIRATION
« L’élan vers le roman, le thème du roman est un mystère, une urgence. »

BakhitaPour trouver une idée de roman, qu’est-ce qui vous inspire ?
Je ne cherche pas une idée… L’élan vers le roman, le thème du roman est un mystère, une urgence. On ne peut l’éviter quand il vient à vous.

 

Pendant l’écriture du roman, l’inspiration est-elle dure à trouver ? Ou vient-elle en s’obligeant à se mettre devant son ordinateur ?
Il faut une grande discipline, chaque matin, malgré les doutes, la peur, ouvrir l’ordinateur, oui, et s’y mettre. Et puis travailler travailler travailler.

 

 

  • HISTOIRE, PERSONNAGES
« Ce qui m’intéresse, c’est là où le roman va me mener, quel inconfort et quel chemin seront les miens. »

Faites-vous un plan avant d’écrire votre roman (et le suivez-vous), ou avez-vous juste une idée de base ?
Jamais je ne fais de plan. Je ne suis pas une détective, je ne poursuis aucun but. Ce qui m’intéresse c’est là où le roman va me mener, quel inconfort et quel chemin seront les miens.

Avant d’écrire, faites-vous des fiches sur les personnages, ou en tout cas les imaginez-vous de manière approfondie ?
Les personnages existent en moi.

La promenade des Russes

  • STYLE, RE-ECRITURE

Accordez-vous de l’importance au style, ou préférez-vous laisser la place à l’histoire ?
L’histoire ne se raconte qu’à travers le style. Ce qui compte c’est le rythme.

Ecrivez-vous à la 1ère, 2ème, 3ème personne, et pourquoi ?
Cela dépend du roman, d’où je me place, quelle est la distance, l’angle choisi.

« Je réécris tout le temps. Je suis laborieuse, lente et angoissée. »

Est-ce que vous réécrivez beaucoup, pendant ou après avoir écrit le roman ?
Je réécris tout le temps. Je suis laborieuse, lente et angoissée.

Soignez-vous particulièrement les premières et dernières phrases du récit ?
Je soigne tout…

Observez-vous une évolution de votre style au fil des ans ? Y a-t-il des thèmes qui reviennent ?
J’observe qu’écrire m’est de plus en plus difficile. Mes thèmes sont toujours rattachés à l’intime.

Véronique Olmi

Véronique Olmi (Photo © Astrid di Crollalanza)

  • PERIODE D’ECRITURE

Quelle est votre journée-type lorsque vous êtes en période d’écriture ?
J’écris chez moi le matin. Je m’arrête vers 15 heures pour prendre une douche et déjeuner. En période d’écriture je ne donne jamais un rendez-vous avant 17 heures. Et je me couche tôt.

« Ecrire en journée et voir des amis le soir est un bonheur et une nécessité. »

Trouvez-vous plus facile de vous isoler en période d’écriture, ou aimez-vous partager votre temps entre écriture et vie sociale ?
Ecrire en journée et voir des amis le soir est un bonheur et une nécessité. Je décompresse et me régénère pour pouvoir recommencer à écrire le lendemain.

Combien de temps, en général, mettez-vous à écrire un roman ?
Cela dépend du roman. Deux ans pour Bakhita.

 

  • LIVRES

Quels sont les livres ou auteurs qui vous ont le plus marqué ?
Tchekhov, Flaubert, Rilke, Philip Roth, Dostoïevski, Tolstoï, Duras, Ernaux, Carson McCullers.

« En période d’écriture je ne lis, ne visionne et n’écoute que ce qui se rapporte au roman ! »

En période d’écriture, lisez-vous, et quoi (des romans très différents de ce que vous écrivez pour vous évader, ou proche de votre sujet pour vous inspirer) ?
En période d’écriture je ne lis, ne visionne et n’écoute que ce qui se rapporte au roman !

  • EDITION

Bord de merAvez-vous mis du temps à faire publier votre premier roman ?
Non. Mon théâtre était édité chez Actes Sud Papiers et ensuite Bord de mer chez Actes Sud.

Est-ce que votre éditeur vous conseille avant, pendant, après l’écriture du roman ?
Quand le roman a une première version j’aime le faire lire à mon éditeur.

Aimez-vous donner votre avis sur les « détails » du livre (comme la couverture, le titre), ou préférez-vous laisser cela à l’éditeur ?
Bien sûr. Je me mêle d’absolument de tout !

 

 

  • POUR RESUMER…

Pourquoi écrivez-vous ?
Pour rester en vie.

Arrivez-vous à en vivre, ou avez-vous une autre activité professionnelle à côté, par choix ou obligation ?
Je vis de mes écrits.

Avez-vous plusieurs idées de romans qui attendent dans un tiroir, ou préférez-vous saisir l’inspiration du moment ?
Rien ne m’attend dans mes tiroirs…

« Tout est difficile tout est laborieux et tout est toujours à recommencer. »
  • QUESTIONS BONUS

Un de vos romans a-t-il été particulièrement facile ou difficile à écrire (en entier,
ou pour certains passages), et pourquoi ?
Tout est difficile tout est laborieux et tout est toujours à recommencer.

Avez-vous un préféré parmi tous vos romans ?
Le dernier… Comme toujours…

Vous avez écrit plusieurs pièces de théâtre. Cette écriture différente a-t-elle un impact sur vos romans ?
Oui, sûrement, pour la dramaturgie. Le sens du récit.

Merci à Véronique Olmi d’avoir pris le temps de répondre. Vous pouvez la retrouver sur son compte Twitter, ou sa page Facebook.

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